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Mobilisation des électeurs américains en Allemagne


La fièvre qui précède l’élection présidentielle du 4 novembre – qui
verra s’affronter le démocrate Barack Obama et le républicain John
McCain – dépasse largement les frontières des Etats-Unis.

 

Malgré l'éloignement, les quelques 6 millions et demi
d'Américains qui vivent en dehors de leur pays se sentent eux aussi
très concernés par le scrutin. En Allemagne, ils sont plus de 200 000,
c'est la deuxième plus grande communauté de citoyens américains après
celle du Royaume-Uni. Grâce au vote par correspondance, ils peuvent eux
aussi participer à l'élection et leur voix est comptabilisée dans
l'Etat américain dans lequel ils sont inscrits. De plus, beaucoup ont
fait preuve d'une grande mobilisation pendant la campagne électorale.


Inciter les citoyens américains à voter et leur fournir les
informations nécessaires, voilà la première mission des « Republicans
Abroad », les républicains à l'étranger, estime Lars Thomson, associé
au sein d'une grande société d'avocats à Francfort, et membre de
l'organisation. Originaire du Dakota du Sud, sa famille faisait partie
de l'armée et il a gardé de forts liens avec la communauté militaire,
qui vote traditionnellement pour les républicains.

« D'un côté, c'est un peu frustrant d'être aussi loin,
mais de l'autre côté, en 2004 je vivais aux Etats-Unis et c'était
vraiment trop : il y avait un spot électoral à la télévision toutes
les cinq secondes, partout on ne parlait que de l'élection. C'est donc
un peu un soulagement de ne pas être aux Etats-Unis en ce moment, parce
que beaucoup de gens là-bas commencent à se lasser de cette élection.
Ici – je parle pour moi et pour la communauté militaire – les gens sont
optimistes, la presse décrit McCain comme quelqu'un qui n'a pas de
chance de gagner et ils sont motivés pour prouver le contraire. Je
pense qu'il va y avoir une forte participation à cette élection, les
gens vont faire entendre leur voix. »

 

Le vote des Américains à l'étranger peut faire pencher la balance
pour l'un ou l'autre des candidats, explique Lars Thomson, surtout dans
les Etats indécis, les swings states, qui ne sont pas
traditionnellement républicains ou démocrates. Un avis partagé par
William Purcell, qui vit en Allemagne depuis sept ans. Ce graphiste
originaire de la ville de New York est très impliqué au sein des
« Democrats Abroad », les démocrates à l'étranger, dans le Land de
Rhénanie du Nord-Westphalie. Pour lui, c'est justement le fait de vivre
en dehors des Etats-Unis qui a renforcé ses convictions politiques :

 

« Obama
est le candidat qui a le plus d'expérience internationale. Et comme je
vis à l'étranger, mes préoccupations sont devenues plus
internationales : j'ai vu à quel point le système de santé était mieux
organisé dans d'autres pays et j'aimerais qu'il y ait la même chose
chez nous. Et je pense qu'Obama est la personne capable d'apporter tous
ces changements. »

 

Selon William Purcell, la politique étrangère, l'énergie et la
protection de l'environnement sont également des thèmes perçus
différemment par les Américains vivant à l'étranger. Dans plusieurs
villes, républicains comme démocrates ont prévu de se réunir le 4
novembre pour une longue soirée électorale. A cause du décalage
horaire, nombreux seront les Américains d'Allemagne à passer une nuit
blanche et à attendre les premiers résultats jusqu'au petit matin.

Aude Gensbittel